Confinement : vous découvrez que vos enfants n’ont jamais appris à travailler. Qu’en retirez-vous ?

Avec le confinement, on dirait que les parents découvrent (enfin, pourrait-on dire), où leurs enfant en sont à l’école et comment ceux-ci travaillent… et qu’ils ne sont pas simple à gérer.

Des enfants qui deviennent des adultes

Il semble donc que grâce au confinement, les parents se rendent compte que… et bien que leurs enfants n’ont jamais appris à travailler correctement à l’école.

Est-ce un scoop ? Sûrement pas pour les coachs agiles qui comprennent leur métier.

Si on en croit les milliers de posts qui inondent nos réseaux sociaux (en tout cas les miens), le constat est extrêmement navrant*. Les enfants et étudiants ne savent pas s’organiser pour faire leurs devoirs ou même “continuer l’école”.

On pourrait se rassurer en se disant que cela ne touche, en vrai, que les enfants et étudiants de la communauté agile, puisque fatalement, mes timelines LinkedIn ou Twitter sont biaisées par l’algorithme.

Mais pourtant, si on prend un peu de recul sur nos métiers de facilitateur, scrum master ou autre coach agile, ne peut-on pas se dire que nous sommes là justement pour réparer des personnes qui n’ont jamais appris à travailler… ?

Des managers qui savent que jamais de leur carrière une roadmap n’a tenu face au chaos du vrai monde mais qui pourtant continuent d’en faire et d’en réclamer ; des chefs d’entreprises qui usent les employé.e.s au point de faire baisser leur productivité de moitié ; des comex qui coupent des lignes de budgets à l’aveugle, supprimant ainsi les sources de revenus et de richesses comme les pertes ; des chefs de secteurs qui chargent des chefs de projet d’une mission sans comprendre les jeux de pouvoirs qui permettraient de réussir cette mission, etc.

Récemment, j’ai même lu dans une formation de gestion de projet agile” qu’il fallait travailler même les jours fériés pour être plus productif. Alors qu’il n’y a rien de moins efficace qu’une personne qui n’est pas reposée.

Ces gens-là, nous les voyons souvent perdus, souffrants. Et d’où viennent-ils ? Ils ont (j’ai) été les enfants que je vois sur les photos des coachs – parents – agiles.

Ce n’est donc pas surprenant que ces coachs, qui se retrouvent forcés de mettre le nez dedans, se confrontent aux problèmes qu’ils retrouvent dans les entreprises et cherchent à y appliquer les mêmes recettes.

Comment se fait-il que ces coachs agiles n’aient pas vu le truc venir ? Pourquoi n’ont-il pas tout simplement organisé l’école à la maison, comme à l’école ? Y verraient-ils quelque chose d’inefficace ?

À qui la faute ?

Sont-ils (ou elles) de mauvais parents ? Je ne pense pas. Sont-ils (ou elles) de mauvais(es) coachs ? Certain(e)s sûrement, mais certainement pas toutes et tous.

Est-ce la faute des professeurs, de ne pas avoir su inculquer à leurs enfants des façons de travailler plus intelligentes ?

Je ne pense pas non plus, les professeurs que j’ai pu côtoyer sont tous complètement investis dans leur travail, ne comptent pas leurs heures, etc.

J’aurais plutôt tendance à pointer du doigt le système.

Loin de moi l’idée que je puisse faire une analyse pertinente du système éducatif français, je suis loin d’en avoir les compétences. Néanmoins, je remarque que notre système semble être fait pour produire des humains (dociles) qui ressemblent aux humains (dociles) que nous retrouvons ensuite dans les entreprises. Est-ce normal ? Peut-être que oui, voyons pourquoi.

Dans les entreprises, je vois des comportements qui pourraient être considérés de fous, de suicidaires. Par exemple, une entreprise qui effectue une sélection drastique à l’embauche, pour n’avoir que les meilleurs (dans leur gamme de prix), allant jusqu’à créer des tests complexes lors des entretiens pour déterminer si la personne est la bonne, si elle sait réfléchir. Et ensuite ? On espère de cette personne qu’elle éteigne son cerveau et suive le process de l’entreprise, sans varier d’un pas. Le process est d’ailleurs là pour s’assurer qu’on ne dévie pas de ce qu’il faut faire et comment le faire.

Je ne pense pas que les êtres humains naissent ainsi. Ils sont formés pour agir ainsi, par le système.

D’aucun dirait peut-être que c’est fait exprès, afin que le peuple reste un amas de moutons et ne se révolte pas. J’ai peur que ce soit pire que ça, qu’il n’y ait pas de volonté des élites, mais juste… qu’ils ont été élevés ainsi aussi.

Ne connaissant rien d’autre, ils ne font que recréer un monde qui leur ressemble, c’est plus rassurant. Et c’est, encore une fois, ce que nous retrouvons dans les structures de nos entreprises. Sans surprise.

Ces personnes, une fois à la tête d’un département, d’une entreprise, vont alors chercher absolument à retrouver ce cadre, cette sécurité d’être contrôlé, vérifié, déchargé des responsabilités par le système, en appliquant absolument une solution qui leur rappelle les règles de cette école où quelqu’un, où une documentation, leur disait que la performance est universelle, qu’être bon c’est avoir de bonnes notes (ou une certification), on sait alors, quelque soit l’entreprise où on est, comment paraître le meilleur : en ayant de bonnes notes.

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