This article is also available in English

Qu’est-ce que l’aventure d’un fabricant de jouets dans les années 70 peut nous apprendre sur l’agilité aujourd’hui ? Sommes-nous tellement incapables d’évoluer même lorsque nous voyons des solutions sous notre nez ?

Netflix’s The Toys That Made Us

Le premier épisode de la série de documentaires sortie sur Netflix “The Toys That Made Us” a attiré mon attention, car centré sur Star Wars. Je n’ai pas connu les jouets de cette époque, mais le sujet m’intéresse, étant fan de la franchise. J’y ai, par hasard, découvert une histoire qui m’a rappelé l’un des piliers du manifeste agile : La relation avec le client, plutôt que la négociation contractuelle.

(Je vous invite à regarder mon talk sur un autre pilier de l’agilité : Les individus et leurs interactions plus que les processus et les outils)

Résumé de l’histoire

Nous sommes en 1976, soit 25 ans avant la signature du manifeste agile. Georges Lucas se retrouve à six mois de la sortie de son premier film Star Wars à autoriser enfin la diffusion des modèles de personnages et de véhicules pour les fabricants de jouets.

Tous les fabricants de jouets américains, même les plus grands, refusent de s’engager avec si peu de délais (le délais normal étant alors à l’époque de deux ans).

C’est une petite entreprise de l’Ohio, Kenner, qui à accepté le pari. Sur une poignée de main.

La collaboration avec les clients plus que la négociation contractuelle

Remettons-nous dans les conditions de l’époque.

Nous sommes avant la sortie du premier Star Wars. Le grand public ne connaît pas encore la franchise.

Malgré le délai court et l’incertitude de la réussite, non seulement Bernard Loomis accepte le challenge, mais en plus, en total collaboration avec son client.

En effet, afin de ne pas rallonger plus le délai, Loomis accepta de rester des mois sans contrat officiel, simplement avec la parole de Lucas et tout en ayant lancé la production.

Des équipes autonomes

L’une des clés de ce succès, à l’époque incroyable, est l’autonomie que Kenner a su donner à ses équipes. Chaque concepteur ayant sa liberté de décider comment il ferait les choses, au point que l’un d’eux, Dave Okada, a découpé sa propre chaussette pour confectionner le prototype de manteau du Jawas !

Le client (Lucas) a exprimé son besoin sous la forme de schémas de production, de plans, de photos.

Le responsable produit de chez Kenner a transformé ce besoin en véritable histoire : qui est le personnage (facile avec le script), la taille maximum des figurines tout en expliquant pourquoi (plus la figurine est grande, plus les véhicules devront être grands et donc plus chère –trop chère), etc.

L’équipe de production a compris le besoin et s’est mise au travail, pour produire rapidement une version du produit faite d’explorations et d’expérimentations. Un Minimum Viable Product –ou MVP– leur permettant d’avoir tout de suite l’avis du client (le documentaire ne parle pas d’éventuel tests auprès d’enfants utilisateurs).

Ces trois rôles ne vous rappellent rien ?

  1. Partie prenante (stakeholder)
  2. Product Owner
  3. Développeurs

Nous voyons là le schéma d’une équipe Scrum.

Jusqu’au bout

Loomis avait engagé ses employés pour leurs compétences et a su leur faire confiance par la suite pour trouver le moyen de résoudre son problème.

Cela n’a aucun sens d’engager des personnes intelligentes pour leur dire quoi faire; nous engageons des personnes intelligentes pour qu’ils nous disent quoi faire.

Steve Jobs

Nous pouvons aussi remarquer dans le documentaire que malgré que Lucas regrette le deal oral et bien que cela ne soit plus du tout son intérêt, le deal est respecté jusqu’au bout.

La collaboration est la clé du succès

Les valeurs agiles peuvent réguler le monde

C’est intéressant de se rendre compte que l’agilité n’est pas liée qu’au monde informatique. C’est un concept, un principe et il est valable à tous les niveaux de notre vie.

L’action de la société Kenner à grimpé de 40% quelques mois après la sortie des jouets grâce à ce principe qui est un pilier de l’agilité. D’après Statistic Brain, la franchise aurait rapporté près de 4 milliards de dollars à Kenner et quelques autres milliards par la suite.

Connaissez-vous d’autre cas aussi extra-ordinaires ? En avez-vous déjà vécu un ?

 

Découvrez  la série sur Netflix : “The Toys That Made Us

(©image de l’article : Simon Q)

Leave a Reply